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"Versant Est", par Octavio Paz
Poésie, environ 110 pages. J'avais adoré "Liberté sur parole", et malheureusement tout ce que je lirai de l'auteur à partir de maintenant s'y compare. Au début, j'ai adoré les premiers poèmes ici aussi, et leur imagerie où l'érotisme n'est pas une objectification, mais l'opposé de la solitude. Surtout le premier.
Par contre, le recueil central, "Versant est", est très centré sur la vision de l'auteur de l'occident et du bouddhisme, et ce n'est pas mal, c'est même très bien, mais j'étais un peu déçue, je préfère quand son imagerie vient des cultures mexicaines. Le dernier long poème, "Blanc", revient à cela, mais il est un peu trop expérimental pour moi.
Cela semble négatif, mais c'est toujours très bon !

AUBE

De rapides mains froides
Retirent un à un
Les bandages de l'ombre
J'ouvre les yeux
Encore
Vivant
Au centre
D'une blessure encore fraîche

8/10


"Bungou Stray Dogs: Storm Bringer", "Bungou Stray Dogs: Osamu Dazai's Entrance Exam", et "Bungou Stray Dogs: Dazai, Chuuya, age 15" par Asagiri Kafka
Trois light novels, vous avez remarqué que je ne les lis pas dans l'ordre du tout ? J'ai commencé par ceux qui n'ont pas d'adaptation en anime ^^ Entre 120 et 150 pages.
J'ai résumé ça à une amie comme : c'est comme de lire de la fanfic, sauf que c'est canon, et que c'est gen. (Enfin, aussi gen que les mangas, c'est-à-dire que des relations peuvent être complètement intenses et émotionnelles sans être pour autant romantiques, je n'arrive pas à croire que Verlaine/Rimbaud est gen, je n'arrive pas à croire que je le shippe quand même). Mais donc oui, ce sont des romans, mais c'est plus centré sur les personnages et leurs interactions que sur le scénario, qui est sympa sans plus.
"Storm Bringer" m'a donné tout ce que je voulais sur Chuuya et ses origines (je n'arrive pas à croire qu'avec son passé il est presque normal par les standards de ce manga), et l'examen d'entrée était moins nouveau parce que ça a été adapté pour faire les épisodes 6 et 7 de la saison 1 mais je préfère la version livre. Même celui que j'ai déjà vu en animation a des scènes en plus.
Enfin voilà, je continue à être à fond dans cette saison et très contente d'avoir des bonus à lire ! mais je n'ai pas grand chose à en dire pour les gens qui ne sont pas dans le fandom.
8/10 + 8/10 + 8/10


"Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française", par Leopold Sedar Senghor
Poésie, publié en 1946. Environ 270 pages, dont 40 pages de préface par Jean-Paul Sartre sur la spécificité de la négritude en poésie.
L'anthologiste est clair sur le fait qu'il ne cherche oas seulement de la poésie par des auteurs noirs, mais qui soient spécifiquement sur le fait d'être noirs, d'hériter d'une culture. Cela limite un peu le nombre d'auteurs, mais permet pour chacun d'entre eux d'avoir une vision un peu détaillée de leurs oeuvres. (Pour une fois, je peux pardonner le fait qu'il n'y ait aucune femme ; les femmes noires d'écriture francophone que je connais de cette période n'écrivent pas sur la négritude). Cela fait aussi une anthologie très inspirée par le surréalisme, qui était un genre courant à l'époque. Sartre explique bien, dans sa préface, comment cette destruction du langage a finalement encore plus de sens dans cette démarche, quand il a été forcé par les colonisagteurs, que dans la démarche surréaliste d'origine.
Qu'est-ce que je pense des auteurs ? Léon-G. Damas, de Guyane, est novateur sur le thème de la révolte, mais je n'aime pas trop son style. A l'inverse, Gilbert Gratiant, de Martinique, écrit sur les traditions noires et a un style classique, mais que j'aime. Étienne Lero est un surréaliste assez classique, j'aime le surréalisme mais je ne lui trouve pas de voix spécifique. J'adore Aimé Césaire, mais je le savais déjà. Hmm, je ne peux pas les faire tous, il y en a quand même plus d'une quinzaine. Mais globalement, il y a de très bons auteurs, et même ceux que j'aime moins sont intéressants à lire, intéressants aussi à voir comment Senghor les place dans son mouvement.
Je crois que mes auteurs préférés parmi ceux que j'ai découverts pour l'occasion, sont Jean-Joseph Rabéarivelo, de Madagascar, qui parle de sa culture d'une façon que j'aime, et Jacques Roumain, d'Haïti, qui est plus centré sur la révolte et la politique. Mon préféré de tous reste Aimé Césaire, mais avoir lu des livres entiers aide.

Quel rat invisible,
venu des murs de la nuit,
grignote le gâteau lacté de la lune ?
Demain matin,
quand il se sera enfui,
il y aura là des traces de dents sanglantes.

Demain matin,
ceux qui se seront enivrés toute la nuit
et ceux sui sortiront du jeu,
en regardant la lune,
balbutieront ainsi :
3A qui est cette pièce de quat'sous
qui roule sur la table verte ?"
"Ah ! ajoutera l'un d'eux
l'ami avait tout perdu
et s'est tué !"

Et tous ricaneront
et, titubant, tomberont.
La lune, elle, ne sera plus là :
Le rat l'aura emportée dans son trou.

(Jean-Joseph Rabearivelo)

8/10


"Coldfire Trilogy 2 : When True Night Falls", par Celia S. Friedman
Roman, environ 600 pages. La suite de "Dark Sun Rising", et c'est toujours basé sur le trope "ennemis forcés de s'allier" avec Damien, le prêtre combattant, et Gerald Tarrant, l'ancien prophète de sa religion devenu presque un démon. Dans ce tome, ils voyagent jusqu'au continent voisin pour découvrir ce qui a envoyé ce qu'ils ont affronté dans le tome 1.
Cela a les mêmes points forts que dans le tome 1 : une relation entre ennemis forécvs de s'allier absolument incroyable, tout ce que j'aime dans ce trope, mais cela se renouvelle pourtant, parce que leur relation évolue peu à peu. Et le worldbuilding, cette planète où les émotions conscientes ou inconcientes peuvent se manifester, a toujours beaucoup de potentiel, que l'auteur utilise bien. Moins de nouveauté, mais on apprend des choses très intéressantes sur la nature des démons de l'illusion.
Cela a aussi les points négatifs du tome 1, à savoir que les personnages féminins, qui ont pourtant beaucoup de potentiel et qui sont sympathiques, ne sont pas bien traitées par la narration du tout.
Ceci dit ! Le positif l'emporte sur le négatif et j'ai la ferme intention de lire le tome 3.
8/10


"Ecrits mythologiques", par Heinrich Heine
Recueil de textes courts, environ 180 pages (dont une postface). Le thème principal est combien les divinités païennes sont en lutte perpétuelle, et idéologique, contre le christianisme.
La première partie, "Esprits élémentaires", est principalement un recueil d'essaie qui raconte les différents esprits qu'on trouve dans les légendes germaniques, et comment Paracelse a fait de la théorie pour la symétrie, mais les légendes qu'on rencontre effectivement sont différentes.
La quatrième partie, "Les dieux en exil", raconte ce qui est arrivé eux dieux de la mythologie grecque après avoir été détrônés. Comme la première partie, cela contient des légendes populaires, mais contrairement à la première, cela contient aussi des histoires originales qui sont racontées comme si elles étaient des légendes - herueusement, on a des notes du traducteur qui donnent les sources de tout.
J'adore la voix d'Heinrich Heine. C'est érudit, doucement moqueur (je me fais toujours happer par les blagues sur les evêques), novateur, poétique. Il a fait une bonne quantité de recherche pour trouver toutes les légendes (à une époque où la recherche était bien plus dure à faire que de nos jours), parfois il a fait lui-même una adaptation en vers. C'était très plaisant à lire.
Les parties 2 et 3 sont des idées de ballet, respectivement sur Diane et sur Faust. Comme c'est une description de danses, il n'y a pas spécialement d'efforts de style, parce qu'on ne les verra pas sur scène, pas vraiment d'humour non plus, donc j'aime moins que les essais. De plus, dans ces deux cas, les versions choisies sont tristement hétérosexuelles. L'histoire de Diane est un crossover avec Tannhauser, et est vraiment centrée sur ce thèmes des dieux chrétiens contre dieux paiens, qui est aussi central à sa version de Faust (il y a aussi un bonus sur les différentes adaptations, où Heine explique à quel point pour lui l'arc centré sur Hélène de Troie est important ; je ne suis pas d'accord avec ce qu'il dit en général mais c'est toujours brillant).
Mais c'était quand même sympa à lire, ça me donne envie de relire ses oeuvres que j'avais adorées dans ma jeunesse !
8/10


Progression : 101/52
"Risques de lecture" : Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, Ecrits mythologiques -> 48/26


Bonus :


"Le Grand Maître de la Cultivation Démoniaque", tomes 3 et 4 de l'édition française, par Mo Xiang Tong Xiu
Les deux tomes suivants, le 3 qui reste à environ 350 pages, et le 4 qui est plus long et dépasse 500. Il finit l'histoire principale, le tome 5, que je suis en train de relire, ne contient que des bonus.
j'adore toujours autant cette histoire. Cecla contient l'exploit d'avoir une romance tout à fait cool, mais aussi, plein de personnages secondaires intéressants, et pas parce qu'ils ont leur propre romance, non, le réseau d'interactions gen et de motivations est passionnant en soi.
Mes passages préférés sont les flashbacks, qui sont de la tragédie, par rapport aux passages dans le présent, qui sont de l'enquête surnaturelle et de la romance, mais je dois dire que la conclusion de l'enquête était impressionnante. Mon amie avec qui je lisais est tombée amoureuse de... un certain personnage dont c'est dur d'expliquer l'intérêt avant les six derniers chapitres. C'était une joie à voir. Relire avec quelqu'un qui est nouveau dans l'histoire est une grande joie en général.
10/10 + 9/10

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