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[personal profile] flo_nelja
[personal profile] andysss organise un échange de Saint-Valentin.

5 tropes romantiques, une liste de ships, et c'est parti !


Tropes et kinks

1) Pining : Cela peut être entièrement à sens unique ou mutuel, pour quelqu'un à qui on parle rarement ou pour quelqu'un avec qui on couche mais en supposant que ce n'est pas romantique, cela peut être complètement ouvert ou soigneusement caché.

2) Partager un lit : Oui des fois c'est parce qu'il n'y a qu'un lit, mais aussi, simplement dormir ensemble, les positions bizarres, réconforter quelqu'un après un cauchemar. Plutôt pour dormir qu'autre chose, mais cela peut être post-coital.

3) Grandes déclarations d'amour dramatiques : Cela peut être une surprise ou pas, une première fois ou une dernière fois ou n'importe quoi au milieu.

4) Ne pas accepter la mort de l'être aimé : Ca peut être du déni pur et simple, ou aller dans la nécromancie, le kidnapping d'une version de dimension parallèle... j'aime les grandes quêtes de résurrection héroïques aussi, ce n'est pas forcé d'être dark.

5) A genoux : Est-ce pour une demande en mariage ? Pour le kink ? Pour demande pardon ? Pour des raisons sociales sans rapport avec le fait que quelqu'un a un gros crush sur l'autre ?


Ships

* Babylon 5 (G'Kar/Londo, Susan/Talia)
* Black Sails (Eleanor/Max)
* Buffy contre les vampires (Willow/Tara, Willow/Oz, Warren/Andrew, Giles/Ethan, Spike/Drusilla)
* Doctor Who (Doctor/Master, Doctor/Romana)
* Farscape (Scorpius->John, Zhaan/Stark)
* The Good Place (Eleanor/Chidi, Jason/Janet)
* Our Flag Means Death (Izzy->Ed, Jim/Oluwande)
* Penny Dreadful (Mina/Vanessa, Victor/Jekyll)
* Stranger Things (Eleven/Max, Dustin/Eddie, et j'aime les ships canon chez les petits)

* The Magnus Archives (Jon/Martin, Agnes/Gertrude, Sasha/Michael, Daisy/Basira)
* Malevolent (John/Arthur)

* Arcane (Viktor/Jayce, Vi/Caitlyn)
* Avatar the Last Airbender (Azula/Ty Lee, Zuko/Mai)
* Gravity Falls (Bill/Ford, Dipper/Ford)
* The Owl House (Raine/Eda, Luz/Amity)
* Trollhunters (Barbara/Walter)
* Steven Universe (Pearl/Rose)

* Empowered (Sistah Spooky/Mindf**k)
* Lady of the Shard (Acolyte/Goddess, Goddess/Old God)
* Marvel Universe (Xavier/Magneto, Kitty/Illyana, Doug/Warlock, Cable/Deadpool)

* The Engelsfors Trilogy (Linnea/Vanessa)
* L'épouvanteur (Tom/Alice)
* Horatio Lyle (Horatio/Lin)
* Jonathan Strange & Mr Norrell (Stephen/le Gentleman, Jonathan/Arabella)
* The Locked Tomb (Gideon/Harrow, Palamedes->Dulcinea)
* Les Misérables (Enjolras/Grantaire)
* Mo dao zu shi (Wen Ning->Wei Wuxian)
* La Passe-miroir (Ophélie/Thorn, Blasius/Wolf, Elizabeth/Hélène)
* Le Seigneur des Anneaux / Silmarillion (Legolas/Gimli, Melkor/Sauron, Sam/Frodo)
* Tian Guan Ci Fu (Xie Lian/Hua Cheng)

* 7 Seeds (Ryo/Ango)
* Banana Fish (Ash/Eiji)
* Bleach (Gin/Kira, Orihime/Tatsuki)
* Durarara!! (Celty/Shinra)
* Ergo Proxy (Raul/Daedalus, Daedalus->Re-l)
* Evangelion (1995) (Shinji/Kaworu)
* Given (tous les ships m/m canon)
* Haikyuu!! (Kuroo/Kenma, Kenma/Hinata, Nishinoya/Azumane, Bokuto/Akaashi, Ushijima/Tendou)
* Hikaru no Go (Hikaru/Akira)
* Kenshin (Kenshin/Tomoe, Misao/Aoshi)
* Lupin Zero (Jigen/Lupin)
* Princess Tutu (Fakir/Ahiru, Fakir->Mytho, Rue/Mytho)
* Rg Veda (Soma/Kendappa)
* Slayers (Zelgadis/Amelia, Filia/Valgarv)
* Tokyo Babylon/X (Seishiro/Subaru)
* Trigun (Legato->Knives)


Ce que je ne veux pas

Post-apocalyptique ou survival horror non-canon, infidélité, soulmates, épidémies et pandémies (incluant les zombies contagieux), omegaverse, AU non-surnaturels, n'importe quelle discrimination (racisme, etc) qui n'est pas dans le canon, amour au premier regard (première conversation est okay)
andysss: (Default)
From: [personal profile] andysss
« ...dward. Edward ! »
- Huh ?, marmonna Blackbeard en relevant le nez, l'air vaguement ailleurs.
Il était comme ça depuis la nuit où il avait fait avaler à Izzy son propre orteil. C'était sans aucun doute une amélioration, vu son état pitoyage quand il était revenu sur le Revenge, mais ce n'était pas mieux qu'avant leur rencontre avec Bonnet, ce qu'Izzy avait fini par oublier.
Il était lunatique, morne la plupart du temps, hystérique à d'autres, et, ce qui comptait le plus aux yeux d'Izzy, invulnérable et assoiffé de sang. Ses dernières réticences ayant disparues, c'était un véritable monstre qu'il avait lâché sur les mers et c'était un délice à observer.
Blackbeard n'avait jamais été aussi sadique qu'aujourd'hui. Mais ces moments de folie se payaient par de longue période de torpeur dépressive, où il fumait dans sa cabine, affalé dans son fauteuil, les pieds sur la table, tenant des propos incohérents et laissant Izzy tenir l'équipage et le navire à flot.
Ce n'était pas ce qu'Izzy recherchait. Bien sûr, il aimait le Blackbeard légendaire, celui qui hantait les océans de son aura terrifique, mais il admirait aussi le Blackbeard brillant, le génie incompris et bizarre qui régnait sur son bâteau comme un roi sur son trône, dirigeant les vents et les marées comme s'il était celui qui les dictait.
- On approche de Caracas, indiqua le second. Les hommes se tiennent prêts pour le pillage.
- Ne passez pas à l'attaque sans moi, marmonna Blackbeard en soufflant un rond de fumée blanche.
Le silence s'installa entre eux, seulement troublé par les bouffée de Blackbeard. Izzy ne bougeait pas, pourtant Blackbeard l'ignorait avec un aplomb qui tenait soit de l'ingénuité, soit de l'insulte.
- Edward, osa Izzy. Qu-quand lançons-nous l'assaut ?
- Quand j'en donnerais l'ordre.
C'était cela. Une insulte, à n'en pas douter, et Izzy la reçut comme une gifle en plein visage, avec reconnaissance.
Il aimait ce Blackbeard mesquin et autoritaire. Puéril mais terrible.
Il mit un genou à terre – difficilement, à cause de son pied toujours en voie de guérison – pour se mettre au niveau de Blackbeard.
- Edward, nous avons besoin de toi sur le pont pour galvaniser les troupes. Ils ne...
- TU as besoin de moi, le coupa sèchement Ed.
Puis sa voix s'adoucit, dangereusement :
- Ne confonds jamais, Izzy. Tes désirs ne sont pas la réalité.
Izzy serra les dents, conscient du sarcasme désormais affiché. Il insista tout de même :
- Je ne peux pas diriger tout seul. J'ai besoin de mon capitaine. Les gars se posent des questions.
- Si seulement j'en avais quelque chose à faire, soupira Blackbeard. Tue-les, si cela te dérange.
- Non !, s'exclama Izzy. Je te mets simplement en garde !
- Contre quoi ? Une mutinerie ? Allons Izzy, tu sais très bien comment ça se passe quand il y a des mutins sur mon bâteau...
En effet, Izzy l'avait déjà vu, et le souvenir lui fit frissonner l'épine dorsale tandis que son entrejambe tressaillait discrètement d'excitation contenue.
- En es-tu encore capable ?, susurra Izzy à brûle-pourpoint.
Blackbeard tourna vers lui son regard féroce, les yeux cernés de noir, l'haleine chargée de fumée et de relents d'alcool.
- Mettrais-tu en doute mes capacités à me faire obéir ?, déclara le capitaine sur un ton parfaitement égal.
Izzy déglutit en sentant la lame de son couteau venir se nicher délicatement contre sa gorge.
- Non Blackbeard, hoqueta-t-il.
- Bien. Parce que si tu aimes tant te mettre à genoux, je peux t'y faire rester en te brisant les deux jambes.
- Je...si je l'ai mérité alors je l'accepte, répondit fébrilement Izzy, les yeux brillants de convoitise et rivés sur le faciès impassible de son maître.
Ce dernier retira son couteau, une moue de dégoût effleurant ses lèvres avant qu'il ne se détourne pour contempler à nouveau la mer.
- Va.
Et cet ordre seul raviva le corps figé d'Izzy qui se releva et quitta la cabine en boitant, le cœur en émoi.
Edited Date: 2023-01-30 07:09 pm (UTC)

And there was only one bed !

Date: 2023-02-13 09:21 pm (UTC)
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From: [personal profile] wilwywaylan
En théorie, partager un lit avec Enjolras aurait dû être quelque chose d'agréable, et de facile également.

Dans ses jeunes années, celles qu'il avait passées à errer à gauche et à droite, Grantaire avait déjà partagé de nombreux lits avec des personnes de tous les formats. De manière étonnante, ce n'était pas avec Bahorel que c'était le plus difficile. Quand bien même celui-ci occupait en général la presque totalité du lit ou du canapé qu'il occupait, il avait une nette tendance à serrer contre lui toute personne qui le partageait. C'était très utile pour maintenir l'autre occupant en place, et aussi très agréable en hiver. Ca donnait un peu l'impression de dormir avec une couette munie de bras. Un peu moins agréable en été, certes.

A l'inverse, dormir avec quelqu'un comme Courfeyrac, qui était plus petit mais qui bougeait dans tous les sens, était beaucoup plus éprouvant, et plus d'une fois, Grantaire s'était retrouvé à dormir sur le tapis ou à chercher un canapé au milieu de la nuit pour éviter de se retrouver couvert de bleus. Pareil pour Joly, qui gesticulait moins mais avait tendance à se lever une ou deux fois au milieu de la nuit. Combeferre gardait la lumière allumée jusqu'au milieu de la nuit, les cheveux de Cosette avaient déjà manqué de l'étrangler, Jehan dont les coudes pointus infligeaient des bleus très intéressants... Même Feuilly, qui dormait comme les morts, et qui malgré sa taille, occupait en général les trois quarts du lit en s'étalant comme une étoile de mer. Grantaire les avait déjà tous essayés avec plus ou moins de succès. Le summum avait sans doute été Bossuet ; même après deux ans, Grantaire ne parvenait toujours pas comment expliquer que deux des pieds du lit aient cassé en même temps, d'un même accord et sans aucune raison, les expédiant tous les deux par terre.

Mais de tous les Amis (et Amis-adjacents comme Eponine et, une seule fois, Montparnasse), Grantaire ne s'était jamais retrouvé dans le même lit qu'Enjolras. Ce qui était logique. Même si les choses s'étaient arrangées entre eux depuis le début, les choses n'étaient pas encore extraordinaires entre eux. Certainement pas au point de dormir dans le même lit. Non pas que Grantaire n'en aurait pas eu envie ; certains soirs où l'alcool brouillait suffisamment son jugement, il reconnaissait qu'il aurait sûrement vendu toute sa collection de peintures pour que ça arrive. Mais il restait lucide pour accepter que ça n'arriverait jamais, à moins d'un miracle. Si déjà Enjolras et lui pouvaient rester dans la même pièce sans en venir aux mains, ou du moins aux insultes, c'était déjà un progrès suffisant. Pas besoin de vouloir décrocher la lune.

Et voilà que les étoiles s'alignaient, rien que pour lui. La soirée s'était prolongée, comme elles le faisaient toujours dès qu'ils étaient rassemblés au même endroit. L'un après l'autre, tous étaient allés se coucher, occupant les espaces libres dans l'appartement que le Triumvirat partageait. Le temps que Grantaire commence à sentir la fatigue, tous les canapés avaient été pris, ainsi que les matelas étalés entre les tables. Ne restait que la baignoire, et l'idée de dormir sur la porcelaine froide ne le tentait que vaguement. Quant à rentrer chez lui, ce n'était même pas la peine d'y penser. Cela faisait bien deux heures que le métro ne circulait plus, et traverser la moitié de Paris à pied à cette heure-ci était un peu trop risqué à son goût.

Il était en train de se demander s'il y avait une chance qu'il puisse faire les yeux doux à Jehan ou à Feuilly pour qu'ils lui laissent un peu de place, même si ça voulait dire partager avec Montparnasse ou Bahorel, quand Enjolras apparut dans l'encadrement de la porte du salon. Le temps que Grantaire réalise la situation, il avait apparemment eu le temps de s'extraire de son jean, de détacher ses cheveux et d'enfiler ce qui devait être son pyjama. Il balaya la scène du regard, les canapés déjà occupés et le matelas près de la fenêtre, puis Grantaire. Celui-ci haussa les épaules, mains ouvertes, pour bien montrer que lui aussi trouvait que quand même, ce n'était pas de chance.

- Est-ce que tu aurais une couverture à me prêter ? demanda-t-il. Je dois bien trouver un endroit où m'effondrer qui ne soit pas couvert de livres.

Enjolras ouvrit la bouche pour répliquer, la referma sans rien dire. Il fit signe à Grantaire de le suivre et s'engagea dans le couloir. Grantaire prit le temps d'éteindre les lumières dans le salon, avant de le suivre. Contrairement à ce qu'il pensait, Enjolras ne se dirigea pas vers le placard de l'entrée où était entassé une grande quantité de couvertures, mais vers l'autre bout de l'appartement. L'autre bout où se trouvait sa chambre. Sa chambre à coucher, avec son lit où il dormait. Grantaire essayait de se raisonner ; c'était sûrement pour lui donner une des couvertures déjà utilisées et ne pas en sortir une propre. Ou alors il avait décidé de le narguer en dormant bien au chaud alors que Grantaire devrait geler sur place. Ou le faire dormir sur sa moquette. Ou....

Enjolras s'installa dans le lit, tira les couvertures sur lui, puis parut se rendre compte que Grantaire était resté planté près de la porte. Il le regarda, sourcils froncés.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-il, surpris.

- Je... j'attends une couverture, répondit Grantaire.

- Et où veux-tu aller dormir ? Il n'y a plus de place et plus de matelas.

- Je trouverai, ne t'en fais pas. Au besoin, Bahorel fera un bon coussin. Du moins si Feuilly ne prend pas toute la place.

- Ne sois pas stupide, répondit Enjolras sèchement. Tu ne veux pas dormir sur le plancher par ce temps ?

- Quoi ? Vous n'avez même pas de plancher chauffant ? Où va le monde ?

Enjolras pinça les lèvres, et Grantaire vit arriver le moment où il allait bel et bien devoir choisir entre la baignoire et le balcon.

- D'accord, Ap... Enjolras, dit-il, mains levées en signe de paix. J'arrête. Mais tu es sûr que...?

- Viens, ne fais pas d'histoires.

Enjolras tendit la main pour éteindre la lumière au-dessus du lit. Grantaire s'empressa de le rejoindre avant de devoir tâtonner dans le noir. Il se glissa entre les draps, frissonna au contact du tissu froid. Enjolras coupa la lumière, et il l'entendit s'allonger. Il hésita à faire de même ; bénéficier d'un lit plutôt que d'un bout de chaise, c'était une chose, mais il ne fallait pas oublier que le lit en question était celui d'Enjolras. Enjolras dont il dévorait chaque mot, chaque expression, Enjolras dont il rêvait presque toutes les nuits. Enjolras qui avait mis sa vie sens dessus-dessous.

Enjolras qui était couché à côté de lui. Le lit était l'un des plus grands que Grantaire ait jamais vu, l'étendue de drap immaculé entre eux était gigantesque. Mais c'était bien la première fois qu'il se trouvait aussi près de lui sans qu'ils soient en train de se disputer. Il ne faisait pas complètement noir dans la chambre, et en écarquillant les yeux, Grantaire pouvait voir sa silhouette tapie sous les couvertures, les poings serrés comme s'il voulait se battre même dans son sommeil. Les cheveux blonds s'étaient éparpillés sur l'oreiller en longues volutes sombres. Grantaire devait se retenir de ne pas tendre la main pour en caresser une.

Au lieu de ça, il s'allongea, remonta les couvertures aussi haut qu'il put sans déranger Enjolras, posa sa tête sur l'oreiller bien plus moelleux que ceux dont ils avaient l'habitude, et ferma les yeux. L'air hors du lit était plutôt froid, mais ses joues étaient brûlantes. Son coeur battait tellement fort qu'il était sûr que tout le monde dans le bâtiment pourrait l'entendre. Il s'attendait à devoir rester ainsi des heures durant, à attendre que le sommeil daigne bien venir, sans oser bouger de peur de déranger Enjolras. Mais cinq minutes plus tard, il dormait lui aussi à poings fermés.

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C'aurait été agréable d'être réveillé le lendemain matin par un petit rayon de soleil se faufilant entre les rideaux à moitié tirés devant les fenêtres, un petit rayon qui serait venu chatouiller le nez pour gentiment tirer l'occupant du lit du sommeil. Malheureusement pour Grantaire, au lieu d'un gentil rayon de soleil, il fut réveiller en sursaut par le trille agressif d'un téléphone bien trop près de son oreille. Il tâtonna au hasard sur le matelas à la recherche du téléphone en question, sans parvenir à le trouver, mais l'objet finit par se taire, ce qu'il considéra comme une victoire.

Grantaire était sur le point de fermer les yeux et de se tenter de se rendormir, quand il se rendit compte qu'il était maintenu fermement contre le matelas par un poids inhabituel. Un poids bien trop grand pour être celui de l'importante collection de couvertures d'Enjolras, pas même sa couverture lestée. Ce n'était pas non plus celui de Jude ; le chat devait s'être trouvé un autre endroit où s'installer.

La curiosité finit par être la plus forte, et Grantaire ouvrit les yeux pour découvrir le plafond au-dessus de lui. Et entre le plafond et lui, des fils d'or qui, eux, brillaient dans la pâle lumière de l'aube. Des fils d'or comme... Non, c'était impossible, ça n'arrivait pas. Mais il savait déjà qu'il se racontait des histoires. Il baissa les yeux, mais il lui fallut quelques secondes pour réussir à donner du sens à ce qu'il voyait. Evidemment. Il n'avait encore jamais contemplé Enjolras sous cet angle. Mais c'était bien sa tête qui reposait sur la poitrine de Grantaire, les longues boucles emmêlées se dressant dans toutes les directions. Un de ses bras était serré autour de la taille de Grantaire, et, il s'en rendit compte en bougeant sa jambe, celle d'Enjolras était enroulée autour des siennes. L'esprit de Grantaire eut certaines difficultés à additionner toutes ces informations d'une manière qui avait du sens, mais il n'y en avait pas trente-six. Enjolras était couché sur lui, *blotti* contre lui, et le tenait enlacé dans son sommeil. Grantaire était bel et bien foutu.

La seule stratégie, maintenant qu'il était conscient de la situation, c'était bien sûr de se tirer de là avec sa dignité et son visage encore intacts, de se glisser hors du lit, de retrouver son pantalon... D.... David Bowie, il était dans le lit d'Enjolras, contre Enjolras, et il ne portait pas de pantalon ! Bref, redevenir décent et s'enfuir de là avant qu'il ne se passe quoi que ce soit d'autre qui le mettrait dans une situation encore plus embarrassante que celle dans laquelle il se trouvait. Il esquissa un mouvement de fuite, sortit un pied hors de la couette. Réaction immédiate d'Enjolras, dont l'étreinte se resserra. Ses doigts se courbèrent autour de la hanche de Grantaire, remontant légèrement l'ourlet de son t-shirt. Et envoyant dans son esprit une nouvelle volée de feux d'artifice.

A tâtons, Grantaire explora le sol. Une chaussure, une autre chaussure, la boucle de sa ceinture, son jean... Ah, son téléphone, qui dépassait de sa poche. Il l'attrapa de deux doigts, réussit à le hisser à son niveau sans déranger Enjolras. Mais pour quoi faire, exactement ? Qui pouvait-il appeler à son secours ? Ou plutôt, qui pouvait-il appeler sans que cette personne ne se moque de lui, ne prenne des photos et ne les diffuse sur tous les réseaux sociaux ? Probablement personne. Même Joly et Bossuet n'hésiteraient pas à le trahir. Il ne pouvait pas vraiment leur jeter la pierre ; à leur place, il aurait fait de même. Mais en attendant, ça ne résolvait rien.

Il reposa son téléphone avec un soupir. Monumentale erreur. Son souffle agita les mèches blondes qui persistaient à lui chatouiller le nez. Et bien sûr, cela suffit à briser le sommeil d'Enjolras. Celui-ci retira la main repliée sur la hanche de Grantaire pour se frotter les yeux, marqua une hésitation. Sans se redresser, il tourna la tête, ou plutôt la leva, de son point de vue. Son regard croisa celui de Grantaire, et il fronça légèrement les sourcils. Vite, Grantaire devait faire quelque chose, avant que la situation ne dégénère.

- Salut, dit-il.

Oh, *bravo*. Voilà qui était vraiment grandiose. Il aurait dû s'enregistrer, pour pouvoir se citer lui-même plus tard. Il aurait pu appeler ça "Comment détruire sa vie entière en une seconde", ou quelque chose d'aussi ronflant.

- Salut, répondit Enjolras.

Re: And there was only one bed !

Date: 2023-02-13 09:21 pm (UTC)
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Et rien d'autre. Pas de mouvement inconsidéré, pas de bond en arrière, pas de demande d'explication. Comme si c'était parfaitement normal. Grantaire était tenté de se pincer, pour s'assurer qu'il n'était pas en train de rêver, mais le moindre mouvement aurait risqué de briser l'illusion. Et à vrai dire il n'avait pas vraiment envie que ça s'arrête.

Mais toutes les bonnes choses se devant d'avoir une faim, Enjolras se redressa, sans toutefois rouler à l'écart et appeler quelqu'un à son secours. Il baissa les yeux sur le t-shirt de Grantaire, maintenant complètement froissé et remonté assez haut pour dévoiler la base des feuilles de lierre tatouées autour de ses côtes, puis les remonta vers son visage.

- Pardon, dit-il seulement. Je n'avais pas vraiment l'intention... Enfin, je n'avais pas conscience de....

- Ne t'en fais pas, coupa Grantaire pour lui éviter de s'embarrasser davantage. Je comprends, je suis extrêmement confortable. Tu n'as pas pu résister, c'est normal, personne ne peut.

Enjolras eut une drôle d'expression que Grantaire ne parvenait pas à déchiffrer.

- Néanmoins...

- Néanmoins rien du tout, reprit Grantaire sans lui laisser le temps de dire des choses qu'il regretterait certainement. Ne t'en fais pas, ce n'est rien. Je te dis, je suis fait pour ça. Bien confortable, juste ce qu'il faut.

Il tapota son ventre du plat de la main, y ajoutant un sourire pour bien montrer qu'il n'y avait pas de mal. Enjolras n'avait pas bougé, et le regardait toujours avec cette expression si bizarre qu'il ne comprenait pas. Ca commençait à être étrange, très étrange, même, et Grantaire commençait tout doucement à être mal à l'aise.

- Enjolras ? dit-il en agitant la main devant son visage. Tu es encore là ? La Terre à Enjolras, répondez, Major Tom.

Enjolras battit des paupières, plusieurs fois.

- Pourquoi Tom ? répondit-il.

- C'est une allusion, à... rien, oublie. Mais tu ne dis rien, et ça commence tout doucement à me rendre nerveux.

- Ca m'arrive de me taire, répliqua Enjolras d'un ton cassant.

Ah, c'était déjà plus l'Enjolras qu'il connaissait, Grantaire pouvait donc reprendre pied. Même s'il se sentait un peu triste qu'ils en reviennent à leurs interactions d'avant. La parenthèse se refermait.

- Je sais, tenta-t-il encore. Mais les circonstances.... Enfin....

Il désigna la chambre d'un geste. Enjolras le regardait toujours, et le coin de ses lèvres frémissait en une ébauche de sourire. Grantaire réalisa enfin que cette étrange expression qu'il n'arrivait pas à déchiffrer parce qu'elle était si loin de son agacement habituel, c'était qu'Enjolras se retenait désespérément de rire. Il en fut légèrement agacé, et grandement soulagé.

- Je sais, dit Enjolras. Je pense que je te dois des excuses.

- Des excuses ? Pourquoi ? Enfin, bien sûr, pourquoi pas, mais... pourquoi ?

Enjolras tourna à nouveau les yeux vers lui.

- Parce que c'était entièrement calculé. De te faire venir ici et dormir dans mon lit.

Le plafond s'écrasant au milieu de la chambre n'aurait pas davantage surpris Grantaire. Il fixa Enjolras avec ce qui devait être une expression particulièrement stupide, à en juger par le sourire d'Enjolras qui s'agrandissait. Il remonta sa mâchoire qui pendait bêtement.

- C'était quoi ? répéta-t-il bêtement.

- Calculé. Mais c'était la faute de Courfeyrac. Il n'arrêtait pas de répéter que tu étais un coussin parfait, et très confortable, et que tu tenais chaud, et.... j'ai eu envie de vérifier. Je sais, ajouta-t-il devant son silence, ce n'est... pas honnête. J'aurais dû te demander avant de le faire, c'était indigne de....

Grantaire se mit à rire, le genre de rire qui vous secoue de la tête aux pieds, qui vient du fin fond du ventre et finit par vous donner le hoquet. La situation n'était même pas tellement drôle, mais c'était sans doute le soulagement, ou peut-être à quel point tout était absurde. Enjolras le regarda faire, sourcil levé, mais n'ajouta rien, le laissa simplement se calmer. Ce qui arriva après deux bonnes minutes. Une fois que Grantaire eut repris son souffle, Enjolras demanda :

- Dois-je comprnedre que tu n'es pas en colère, même si je ne t'ai pas demandé la permission ?

- Crois-moi ou non, Enjy, c'est la plus belle déclaration que je pouvais espérer.

A en juger par son expression, Enjolras n'y croyait pas vraiment, mais il n'ajouta rien. Grantaire se rallongea sur les coussins et lui vota son plus grand sourire. Tant qu'à être dans une situation aussi étrange, autant en profiter au maximum.

- Qu'est-ce que tu dirais de tester encore si je suis vraiment aussi confortable que ça ? demanda-t-il en se tapotant à nouveau le ventre.

C'était stupide, il le savait. Mais Enjolras le regarda une seconde, avant de laisser sa tête retomber sur la poitrine de Grantaire de tout son poids, assez fort pour chasser tout l'air de ses poumons. Il n'alla pas jusqu'à enrouler sa jambe autour des siennes, quand même pas, mais sa main se reposa où elle était, sur l'ourlet du t-shirt cette fois. Le coeur de Grantaire manqua un battement et se mit à courir. D'où il était, Enjolras ne pouvait pas manquer de le sentir battre juste contre sa joue. Mais encore une fois, il ne fit aucune remarque. Très doucement, Grantaire posa la main sur les longues boucles blondes éparpillées autour de lui, en enroula quelques-unes autour de ses doigts. Enjolras émit un bruit bas qui ressemblait à un ronronnement.

Une volée de coups sur la porte fit sursauter grantaire, et Enjolras se redressa d'un bond.

- Debout là-dedans ! claironna Courfeyrac. Vite, avant que Bahore ne mange tout le café !

- Je mange pas le café ! répondit Bahorel derrière lui.

- C'est pareil ! Dépêchez-vous si vous en voulez une tasse !

Avec un soupir, Grantaire dégagea ses doigts des cheveux d'Enjolras et repoussa les couvertures.

- Le monde nous appelle, dit-il d'un ton qu'il espérait léger. Ne le faisons pas attendre.

Enjolras était déjà debout à se battre contre un pantalon dont l'étroitesse posait la question de comment il allait bien pouvoir se faufiler dedans sans assistance. Grantaire le regarda faire avec un petit pincement au coeur. Fin de l'intermède, retour à la normale. Déjà, Enjolras tirait ses cheveux en arrière, les emprisonnant dans une coiffure dont pas une boucle ne dépassait. Son pas quand il se dirigea vers la porte avait à nouveau son énergie habituelle, et il avait attrapé son télépone dans sa poche, sans doute pour rattraper tout ce qui s'était passé pendant son sommeil. Au moment d'ouvrir la porte, pourtant, il se retourna vers Grantaire, qui n'avait pas bougé.

- Courfeyrac avait raison, tu es vraiment aussi confortalbe qu'il l'avait dit.

Grantaire essaya de ne pas sourire trop largement.

- Ne le lui dis pas. Il ne te le laisserait jamais oublier.

- Je ne vais pas lui dire. Oh, et, Grantaire ?

Grantaire leva les yeux de la moquette où il tentait de trouver ses chaussettes.

- Si jamais... nous pourrions... renouveler l'expérience. Tu sais, pour confirmer. Combeferre dit toujours qu'il faut vérifier ses résultats.

Il sortit de la chambre sans lui laisser le temps de répondre, manquant percuter la porte dans sa hâte. Grantaire l'entendit descendre le couloir et lancer quelque chose à quoi Combeferre répondit. Il réussit enfin à localiser chaussettes, pantalon et chaussures et à les enfiler dans l'ordre, essayant d'ignorer les bonds que son coeur faisait dans sa poitrine. Pour un peu, il se serait laissé tomber sur le lit pour s'y rouler afin d'exprimer correctement sa joie. Pouvait-on louer un avion pour écrire dans le ciel ? "Enjolras veut dormir avec Grantaire" en lettres géantes dans le ciel, voilà qui aurait eu du cachet ! Mais pour ça, il vaudrait peut-être mieux attendre un peu. Enjolras risquait de ne pas très bien le prendre.

Enfin, il passa son pull par-dessus sa tête, glissa ses doigts dans ses cheveux pour les remettre en ordre, et une fois sûr qu'il n'allait pas danser de joie tout le long du couloir, quitta lui aussi la chambre pour rejoindre les autres, déjà dispersés dans le salon et la cuisine. Enjolras ne réagit pas quand il vint se placer à côté de lui, mais il lui tendit une tasse de café brûlant, et s'assit à côté de lui sur le comptoir, sa hanche touchant celle de Grantaire. Et en cet instant, Grantaire ne pouvait rien demander de mieux.

Arcane - Vi/Caitlyn - Pining

Date: 2023-02-22 10:03 pm (UTC)
From: [personal profile] ploum31
C’était quelque chose à laquelle Vi ne s’était pas attendu. Collaborer avec une habitante de Piltover était une chose – cela ne remplissait qu’un besoin provisoire. Eprouver une certaine sympathie à l’égard d’une représentante de cette élite riche en était déjà une autre… Ressentir bien plus que cela l’était bien davantage. Vi ne comprenait pas tellement comment cela avait pu se produire. Bien que… Mais était-il réellement nécessaire de comprendre ?
Elles appartenaient à deux mondes différents, de toute manière. Opposés, même. Tout, dans cette chambre aux dimensions gargantuesques, en témoignait. Le luxe des tissus, le velours qui côtoyait la soie, la délicatesse des meubles et des objets, la préciosité des matériaux… Elle ne lui était pas inconnue, du fait de ses vols dans la partie haute, mais cela titillait en elle toujours un sentiment d’injustice, en constatant le fossé qui séparait les habitants de Zaun de ceux de Piltover. Leur propre pauvreté lui apparaissait comme plus intolérable. Et Caitlyn venait de ce monde-là… Elle le savait déjà, en réalité. Elle s’en était doutée, évidemment. Mais l’observer de cette façon lui pinçait le cœur malgré tout.
Non, elles n’avaient décidemment rien en commun. Rien hormis ce partenariat provisoire. Un sourire amer se glissa sur ses lèvres tandis qu’elle reposait un énième bibelot fragile après l’avoir considéré d’un œil indifférent. Même leurs objectifs divergeaient. Surtout en ce qui concernait sa sœur.
– Violet ?
Il fallut quelques secondes à Vi pour qu’elle se rendît compte que Caitlyn l’interpellait. Elle leva les yeux vers la jeune femme, encore ébranlée par ses réflexions. Celle-ci se tenait dans l’encadrement de la porte et la considérait d’un air interrogateur. Voilà qu’elle se faisait distraite jusqu’à se laisser surprendre par cette fille, en plus… La vie à Zaun lui avait pourtant enseigné à être toujours sur ses gardes, y compris à Piltover. Le sentiment de sécurité que donnaient la pièce, ses tons chaleureux, son confort, n’était qu’une illusion.
Elle se contenta de secouer la tête pour toute réponse, refusant de formuler des paroles qu’elle regretterait peut-être ensuite. Trop amères, sans doute, pour expier un peu cet élan de douleur qui serrait sa poitrine… mais entamer un conflit avec Caitlyn l’épuisait par avance. Sans compter que, techniquement, elle était son hôte. Et elle ne se risquerait pas à compromettre leur accord pour si peu.
– Tu as réussi à lui parler ?
Inutile d’y penser ou d’en parler, cela ne leur apporterait rien, à aucune des deux. Se focaliser sur leur plan. Elles n’avaient rien à voir, de toute façon. Leurs mondes étaient bien trop différents, beaucoup trop. Cela finirait bien par lui passer, quand son corps aurait recouvré la raison. Quelle que fût la partie en cause.
Caitlyn la scruta quelques secondes, et Vi crut voir un instant du dépit briller dans ses yeux. Puis la jeune femme acquiesça et cette impression disparut. Elle avait seulement dû imaginer cela. Une autre conséquence de ces élans imbéciles.
La jeune femme lui fit alors signe de la suivre.
– Oui. Mais je ne suis pas sûre que la suite va te plaire.
Vi n’en doutait pas.

Re: Arcane - Vi/Caitlyn - Pining

Date: 2023-02-25 01:12 pm (UTC)
From: [personal profile] ploum31
Merci, contente que cette petite fic t'ait plu <3 C'est un aspect que j'aime beaucoup dans ce ship, aussi :)

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