Lectures de mars
Mar. 31st, 2022 06:46 pm"L'idiot", par Fiodor Dostoievski
Pour la catégorie "Un livre long" de bingo-livres
Roman, environ 750 pages. Le prince Mychkine, d'une famille honorable mais pauvre, revient de Suisse, où il a été soigné pour son épilepsie et sans doute d'autres maladies mentales pour lesquelles on n'avait pas de nom. Il retrouve la Russie qu'il aime tant, et sa société : sa lointaine cousine, mariée à un général, et ses trois filles. Rogojine, un homme intense qu'il rencontre dans le train, amoureux de Nastia, une femme entretenue, plus un certain nombre d'employés aux relations complexes.
Alors, il ne se passe pas grand chose, pas de meurtre surprise au milieu, c'est principalement des études psychologiques très bien faite. Le prince, qui est trop honnête et très émotif, fait ressortir des côtés inattendus, le meilleur ou le pire, de ses interlocuteurs. Il est très touchant, même si des fois je comprends l'embarras de ses interlocuteurs. J'adore sa relation avec Nastia. Et Nastia en général. J'ai été émue, et malgré le peu de scénario, j'ai parfois été incroyablement investie sur si une déclaration allait se faire ou non.
9/10
"Théâtre 3", par Federico Garcia Lorca
Pour la catégorie "Théâtre" de bingo-livres
Théâtre, environ 300 pages. Je voulais lire La maison de Bernarda Alba, qui est la seule des pièces connues de Lorca que je n'avais pas lue, et l'édition que j'ai la met dans le même tome que plein de pièces moins connues. Donc j'ai tout lu !
Le recueil contient :
* Petit théâtre, trois sketches, "Le jeune fille, le marin et l'étudiant", "Chimère", et "La promenade de Buster Keaton". Ils sont parfois poétiques mais je n'ai pas accroché, sans queue ni tête
* "Le jeu de don Cristobal", farce pour Guignol un peu meta, mais pas assez pour ne pas me rappeler que ce n'est pas mon genre de théâtre préféré
* "Lorsque cinq ans seront passés", une pièce dont je n'avais jamais entendu parler, mais dont j'ai aimé la tristesse poétique. Un jeune homme attend le mariage. Sa fiancée le lui a promis, dans cinq ans. Mais quand les cinq ans ont passé, elle ne veut plus de lui, ne l'a jamais vraiment aimé en fait, et il retourne auprès d'une femme qui l'aimait autrefois, se reprochant d'avoir perdu du temps dans un amour à sens unique. Mais cette femme l'a trop idéalisée et n'est plus prête à une vraie relation ; elle la lui promet, pourtant, lorsque cinq ans seront passés.
* "Le public", des extraits d'une pièce jamais publiée, un peu meta aussi, et pas mal homoérotique, mais comme c'est juste des extraits c'est finalement assez frustrant, justement parce que c'est intéressant.
* "La maison de Bernarda Alba", la raison pour laquelle je lisais. Bernarda est une mère abusive, envers sa propre mère, qu'elle maintient prisonnière dans une chambre, envers ses cinq filles, à qui elle impose de ne pas quitter la maison pendant le long deuil de leur père, envers ses domestiques. Elles sont toutes folles de ne pas avoir de mari - c'est une de ses pièces où Lorca se permet d'être lyrique sur le désir de l'homme parce qu'il parle de personnage féminins. Un soupirant se présente, pour l'aînée. Il préfère la benjamine, qui est la plus jolie, mais l'aînée est la plus riche, et toutes les soeurs sont oppressées et jalouses les une des autres. C'est de la tragédie, et j'aime beaucoup l'ambiance ! Je suis contente de l'avoir lue !
8/10
"The thirty-nine steps", par John Buchan
Pour la catégorie "Espionnage" de bingo-livres
Roman, environ 130 pages. Un des premiers romans d'espionnage, publié en 1915. J'ai entendu parler de l'adaptation d'Hitchcock, mais le livre est très différent. Par exemple il n'a, malheureusement, aucun personnage féminin.
Le personnage pricipal, Richard Hannay, est venu vivre à Londres et s'y ennuie. Le jour où un homme poursuivi par une société secrète demande son aide, il va se retrouver pris dans une affaire d'espionnage complexe, où il sera sans cesse poursuivi et risquera sa vie de nombreuses fois, mais retrouvera l'excitation de vivre qu'il avait perdue.
Chaque chapitre est une rencontre avec un différent personnage lors d'une situation très tendue, et donne l'occasion à Richard de montrer ses capacités de mensonge, d'usurpation d'identité, plus tard d'homme d'action. Cette structure, qui ne sort jamais d'un suspense intense mais est quand même rythmée par un certain nombre d'études de personnages un peu satiriques, marche très bien, et rend le livre très agréable à lire. Richard est hautement compétent, intelligent, avec la tête froide mais des sentiments quand même. Il y a de jolies confrontations entre adversaires, dont une avec Richard qui essaie de faire croire à son ennemi qu'il s'est trompé de personne, qui trouve une jolie symétrie plus tard.
Par contre, l'homme qui demande son aide est violemment antisémite, et c'est décrit comme une caractéristique amusante mais facilement pardonnable. Richard l'est pas mal non plus, pour croire sans peine son explication qu'il essaie d'empêcher le complot juif de déclencher la guerre. Cela m'a rendu la lecture du début penible, et même quand on apprend que les juifs ne sont absolument pas impliqués dans le complot existant qu'il décrit et que c'est l'espionnage qui l'a rendu paranoiaque, cela me laisse un goût amer dans la bouche.
7/10
Progression : 10/52
"Risques de lecture" : L'idiot, La maison de Bernarda Alba, The thirty-nine steps -> 7/26
Bingo-livres : 12/25