Lectures de janvier
Feb. 1st, 2011 10:41 am"Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants", par Mathias Enard
Roman, environ 150 pages, c'est le dernier prix Goncourt des lycéens, et c'est une collègue de français qui me l'a prêté.
Ca parle du jeune Michel-Ange qui est invité à dresser un pont à Constantinople, et accepte par rébellion envers le pape qui ne veut pas le payer, entre autres. ^^ Au début, c'est principalement centré sur la nature de la création artistique, et sur les différences culturelles, en petits chapitres très courts. Puis il y a ce triangle amoureux à moitié slash (je savais qu'il y en aurait, pas que ce serait si important et Mesihi est choupi), et à la fin, il se passe même des choses, je ne m'y attendais pas, j'étais surprise ! Et déprimée aussi, la fin n'est pas un des plus joyeuses. Enfin, c'est en grande partie la réalité historique, donc ça ne semble pas gratuit (et je suppose que si on connaît son histoire, ce n'est pas surprenant non plus). Globalement, une lecture très agréable.
"L'ombre de ce que nous avons été", par Luis Sepulveda
Roman, environ 150 pages, cadeau de Noël de ma soeur. Cela se passe en Argentine de nos jours, et c'est l'histoire d'une bande de vieux communistes retraités et désabusés qui veulent tenter un dernier "coup". L'histoire qui s'ensuit est compliquée, et fait intervenir par accident un couple qui se dispute et deux policiers qui n'étaient pas là pour ça.
C'est souvent nostalgique, souvent drôle, parfois exaltant mais rarement quand même, cela parle de l'histoire et de la politique de l'Argentine en des termes très humains, et je trouvais le début déprimant mais la fin non, en fait, au contraire, j'avais un grand sourire sur les lèvres. :-) J'ai beaucoup aimé (d'un autre côté, tout le monde ne s'intéresse pas forcément autant que moi aux vieux communistes ^^)
"Nouveaux contes de chez-nous", par Rodolphe Girard
Environ 200 pages, un livre de contes et nouvelles du Canada, offert par
Personnellement, j'ai un faible pour les histoires basées sur l'humour et les personnalités amusantes comme "Le castor de mon oncle Césaire", "Assassin" et "L'ours de Baptiste". J'ai un peu plus de mal avec sa description des Indiens dans "Un enlèvement au dix-septième siècle", on sent le mec du 19e siècle qui essaie de montrer qu'il est tolérant mais dont les préjugés se voient quand même.
"Le destructeur", "L'épopée fantastique" et "La montagne des dieux", par KA Applegate
Je continue à lire Everworld, et ça y est, après développement, j'ai accroché aussi à David et Chris, donc j'aime tout le monde, yeah !
Par contre, comme c'est de toute façon les tomes 5 à 7 d'une série, je vais spoiler des trucs, donc si vous avez l'intention de le lire un jour, ce n'est pas la peine d'aller plus loin dans la critique.
Comme je l'espérais, les fées et les dieux grecs réussissent bien mieux l'ambiguité morale que les autres personnages mythiques qu'on avait vus jusqu'à maintenant, à l'exception de Merlin. Tant mieux.
L'arc sur Chris et Ganymède m'a brisé le coeur, il était fait pour ça. ^^ David réagit de façon beaucoup plus mature par rapport à Senna (hum, la voir essayer de vendre April a dû jouer), et pour April... pour l'instant, elle est le personnage que ce séjour à Everworld endommage plutôt que de la faire évoluer, je comprends mieux les gens qui me disent moins l'aimer que les autres, mais moi je trouve ça touchant, en particulier le passage avec le confesseur. Et puis bon, les personnages très religieux qui proclament leur foi mais ne sont pas pour autant prosélytes, c'est vraiment quelque chose qu'on devrait voir plus souvent en fiction, je trouve.
Ha ha, il faut vraiment que je finisse le prochain, surtout que c'est Jalil la narrateur ! Ca devrait être la première critique de février. :-) (Là il a assuré avec son idée de télégraphe, mais j'aimerais avoir son point de vue aussi !)
Progression : 6/52
"Risques de lecture" : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, L'ombre de ce que nous avons été et Nouveaux contes de chez-nous (quand j'ai dit que je ne comptais pas les bouquins de contes, ça voulais dire contes merveilleux, pas nouvelles) -> 3/26
no subject
Date: 2011-02-03 01:33 pm (UTC)Avec l'Histoire assez courte du Québec, on a en général peu de contes merveilleux/fantastiques et ceux qui existent sont très souvent centrées autour du diable ou on un côté très SOYEZ CHRÉTIENS, SINON...! Si ça t'intéresse et si j'arrive à remettre la main dessus en librairie, je t'enverrai une anthologie assez bien des meilleurs contes fantastiques.
Ce que j'aime bien de Rodolphe Girard, à part l'humour, c'est qu'il n'est pas "trop" pro-terroir (religion + famille + patrie). Sa vision des Indiens est (malheureusement) pas très différente de celles des auteurs québécois de l'époque, il y a le net sentiment qu'ils sont inférieurs (...alors qu'ils ont souvent été des alliés très importants des premiers québécois, pfff---t!, bravo la reconnaissance !).
no subject
Date: 2011-02-03 04:57 pm (UTC)Ouaip, je suis d'accord pour le côté pas trop pro-terroir, et en général, plutôt pas moralisateur du tout, d'ailleurs. Et c'est cool. Ca se voit que pour les Indiens, il aimerait les rendre sympathiques, il a même une romance interraciale et à la fin ils ont une happy end, quoi, mais ses préjugés se voient quand même à travers les expressions qu'il utilise. ^^
[Edit] Et pour ma préférée, je crois que c'est "Le castor de l'oncle Césaire", elle est juste fun. ^^