Lectures de janvier
Jan. 31st, 2026 10:21 am"La révolte", par Clara Dupont-Monod
Pour la catégorie "Un livre dont la couverture n'a que des lettres" de bingo-livres
Roman historique, environ 240 pages. C'est sur la relation entre Aliénor d'Aquitaine et Richard sans peur. C'est son point de vue à lui, mais c'est centré sur elle, comment elle a entraîné ses enfants dans une révolte contre son époux le Roi d'Angleterre, et la répression qui a fini pour eux tous.
L'écriture est bien, et la relation entre les personnages intéressante, et la tragédie frappante, mais malheureusement, je n'ai pas accroché à ce livre. D'abord, peu de personnages sont développés. Richard, Alionor, et le Roi Henry sont les seuls qui ont à peu près une épaisseur. Je sais que c'est exprès, censé montrer l'obsession de Richard pour Aliénor et son absence d'affection pour les autres, mais c'est quand même décevant quand il y a tant de personnages historiques avec une épaisseur ici.
Même si "The Lion in Winter" est plus superficiel, il est meilleur pour rendre tout le monde intéressant, et la partie sur les Croisades m'a un peu rappelé, ici encore avec une comparaison défavorable, "Du domaine des murmures". Ce n'est pas mal, mais j'espérais mieux.
7/10
"Deux cavaliers de l'orage", par Jean Giono
Pour la catégorie "Un livre avec un nombre dans le titre" de bingo-livres
Roman, environ 270 pages. On m'avait dit que je devais lire ça si je voulais quelque chose de jamais totalement explicite mais quand même de vaguement gay incestueux, et c'est vrai que l'UST est impressionnante.
Spoiler (sur la quatrième de couverture, je je trouve qu'il vaut mieux savoir : c'est l'histoire de deux frères qui s'aiment et qui se tuent. Marceau, l'aîné, d'une force physique impressionante, et son frère Ange, musclé aussi mais aussi d'une grande beauté. Leur relation est complètement fusionnelle quand Ange est jeune. Et puis, au fut et à mesure, quand Ange devient un adulte et veut être reconnu comme tel, quand Marceau se lance dans la lutte professionnelle mais sent l'arrivée du vieillissement, leur relation, toujours passionnée et fusionnelle, se teinte de rivalité.
J'aime beaucoup l'ambiance. Je crois que je ne trouve pas cette vie quotidienne rustique aussi fascinante que Giono la trouve, mais c'était quand même très intéressant. Parfois il y a de longs dialogues sans tags, à plus de deux personnages, et ce n'est pas forcément évident de savoir qui dit quoi, mais en général le style marche. Mais bon, soyons honnêtes, j'étais pas mal là pour l'UST tragique, et je l'ai eue :D
8/10
"Le feu de chaque jour", par Octavio Paz
Pour la catégorie "Poésie" de bingo-livres
Poésie, environ 200 pages. Beaucoup de poèmes qui ont été publiés à la même époque que ceux de "Versant Est", et mon opinion est globalement la même : c'est très bien, mais ce n'est pas la claque de "Liberté sur parole", ou du moins pas en continu. Mais il y a quand même eu des moments magnifiques dont je vais parler maintenant.
D'abord, "Mise au net", le premier poème du recueil, en vingt parties courtes au sujet de... ce n'est pas clair, visiter une maison, qui est le monde intérieur de l'auteur, et qui a des ouvertures sur le monde réel entier. Mais je rends cela trop simple en l'expliquant comme ça. Je l'ai trouvé très beau. "Nuit blanche", sur une rencontre avec des poètes surréalistes. "Salamandre", où l'imagerie mexicaine et l'imagerie européenne sur cet animal se rencontrent et se contrastent. "Retour", sur Mexico. Des poèmes longs pour la plupart, j'aime un peu moins les poèmes courts, do'nt c'est difficile de choisir une sélection. Surtout que dans les longs, la structure me plait souvent autant que les lignes individuelles.
[...] Jamais nous n'arrivons
Jamais ne sommes où nous sommes
Non le passé
Le présent seul est intangible
8/10
"Bungou Stray Dogs : The Untold Origins of the Detective Agency", par Asagiri Kafka
Roman, environ 160 pages. Ca y est, je commence à lire même les histoires qui ont été adaptées dans l'anime, parce que je suis curieuse (en fait j'avais déjà commencé le mois dernier).
En fait, en plus de l'histoire sur comment Ranpo a rencontré Fukuzawa et comment l'Agence a été créée (que j'avais déjà vue en anime), il y a une histoire courte finalement assez longue dont je ne connaissais pas du tout l'existence, sur les membres de l'ADA en train d'organiser l'épreuve d'admission d'Atsushi. C'était sympa ! Seulement de la tranche de vie avec Kunikida qui essaie d'empêcher Dazai de gagner pour une fois (et échoue), mais avec plusieurs points de caractérisation que j'étais contente d'avoir vus (et d'autres non, la relation entre les Tanizaki me squicke toujours).
8/10
"Où roules-tu petite pomme ?", par Leo Perutz
Pour la catégorie "Voyages" de bingo-livres
Roman historique, environ 250 pages. Georg Vittorin était dans un camp de prisonniers en Russie pendant la Première Guerre Mondiale. Lui et ses co-détenus se rappelleront le sadique directeur du camp dans leurs cauchemars, et ils ont fait le serment de se venger de lui.
Mais quand la paix arrive et qu'ils retournent à Vienne, ils ont d'autres intérêts, et déclarent même que ce serment était seulement une preuve de trauma. Vittorin ne pense pas cela. Vittorin va se lancer dans une grande quête à travers l'Europe - d'abord en Russie sous la Révolution Russe, mais pas seulement - pour se venger de ce Selioukov, sur le rythme de la chansons "Où roules-tu, petite pomme"
Et il va ruiner la vie de tant de gens au passage ! C'est de la tragédie, dans ce sens, mais pas enti-èrement, il y a une forme d'humour noir, Vittorin est tellement pathétique. Mais ceux qu'ils croisent sur son chemin ne sont pas forcément mieux dans cette Europe qui se recnostruit, obsédés par l'argent, la cruauté ou les femmes. Un mélange de satire et d'attaque, où rien n'a de sens.
Si c'était plus long, ce serait parfois difficile à supporter, mais là, c'est un livre court, on est dans l'action en permanence, les évènements se précipitent.
Il n'y a pas autant de foreshadowing et de "oh c'était ça" que dans certains autres romans du même auteur, et ce n'est pas mon préféré, mais il reste bien, et la fin n'est pas entièrement prévisible.
8/10
"Witch King", par Martha Wells
Pour la catégorie "Un livre en rapport avec l'air" de bingo-livres
Fantasy, environ 350 pages. Une amie, la même qui m'a conseillé Murderbot, est à fond dedans ces temps-ci. Elle m'a dit, ma meilleure amie du héros a des pouvoirs d'air et les utilise tout le temps ! Je me suis dit, est-ce que ça suffit ? Puis je me suis rappelé que les pouvoirs d'air n'étaient pas si courants que ça, donc j'ai décidé que ça comptait. :D
Le personnage principal est un démon qui a été scellé, et qui, quand il se réveille, possède le corps d'un des hommes qui voulaient piller sa tombe.
Cela alterne le passé et le présent, avec dans le passé une rébellion contre une invasion impérialiste, et dans le présent, maintenant qu'une sécurité approximative a été obtenue, des embrouilles entre les différents camps qui avaient réussi à s'allier en cas d'urgence.
C'est aussi très queer, la meilleure amie de Kai, le personnage principal, a comme quête principale de retrouver sa femme, Kai lui-même peut posséder des humains de diféfrents genres, et les relations potentielles sont queer.
Comme roman, je n'ai pas été happée. Ca fait partie de ces premiers tomes où j'al l'impression qu'on pose plus de setting qu'on raconte d'histoire. On deécouvre beaucoup de paysages, et de civilisations, et de systèmes de magie différents (je suis frustrée, la magie reste toujours trop floue pour que j'aie une claire idée de ce qui est possible ou pas, je n'aime pas trop ça). J'étais un peu investie dans Kai/Bashasa à la fin, mais loin d'être assez dedans pour suivre juste pour la romance.
Mais ensuite, comme introduction qui donne envie de savoir la suite, c'est assez tentant - le flashback, qui est la meilleure part, donne une escarmouche très notable dans une guerre qui a l'air épique, et dans le temps présent beaucoup de mageouilles politiques sont encore à régler - donc je pense que je lirai le tome 2 quand même.
7/10
"L'entretien d'embauche au KGB", anonyme, commenté par Iegor Gran
Environ 220 pages ; contient un document historique très intéressant, un manuel de recrutement pour des espions, par les agents du KGB. C'est très pratique, très cynique - incluant des moments où l'honnêteté est recommandée, mais juste pour des raisons d'efficacité - et pas aussi aride que je le pensais au début, car il y a des exemples ! Bien sûr entièrement sous nom de code ! Je me suis beaucoup amusée à voir les techniques expliquées, même s'il y a plus de technique que de trucs cool genre roman d'espionnage (il y a ça aussi)
C'est quand même aride, et bureaucratique, et avec des répétitions pour que ça rentre bien. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est bien écrit, mais cela aurait pu être pire, l'introduction, avant que les exemples arrivent, laissait croire que cela allait être pire.
Le recueil est accompagné de longues notes de bas de pages d'Iegor Gran. Au début, j'avais du mal à lire, à passer de l'un à l'autre, puis je me suis mise au rythme lire un chapitre entier, puis les notes entières de ce chapitre, et là ça passait beaucoup mieux !
Je ne suis pas très fan de ces notes, d'ailleurs. Il y a quelques références à des points historiques sympa, c'est certain, en particulier à ce qu'est devenu le KGB après le passage de l'URSS à la Russie actuelle, et aussi quelques notes de traduction sur le vocabulaire utilisé qui m'ont beaucoup plu. Plus quelques notes sur certains cas historiques où le manuel n'a pas du tout été suivi, c'était nécessaire.
Mais une haine parfaitement compréhensible de l'auteur à l'égard du KGB fait qu'il dénonce des pratiques où je suis là "non mais ce n'est pas spécifique, tous les services d'espionnage du monde font ça" et j'aurais aimé un peu plus d'objectivité, qui aurait permis de dire ce qui rend le KGB spécifique par rapport aux autres agences. Est-ce qu'il pense que le KBG fait l'espionnage de façon immorale, ou que l'espionnage est immoral en soi ? Pas clair. J'aurais aimé une édition critique plus académique en général plutôt que celle-là qui essaie plutôt de jouer sur les sentiments du lecteur.
7/10
Progression : 7/52
"Risques de lecture" : La révolte, Deux cavaliers de l'orage, Où roules-tu petite pomme ?, Witch King, L'entretien d'embauche au KGB -> 5/26
Bingo-livres : 6/25
Bonus :
"L'anxiété, quelle chose étrange", de Steve Haines, illustré par Sophie Standing
Pour la catégorie "Santé, développement personnel ou art de vivre" de bingo-livres
Bande dessinée de non-fiction, environ 30 pages. Cela explique quelques bases sur l'anxiété, d'où elle vient, certaines des méthodes pour la traiter, ou plutôt pour vivre avec, parce que cela a aussi des aspects positifs.
C'est assez purement de la psychologie, qui n'abordent pas tellement les sciences dures. Il est mentionné que le modèle biochimique existe (et ne parvient pas, selon eux, à tout expliquer), mais il n'est jamais décrit, pas plus que l'existence des anxiolytiques ou leurs effets. Cela ne m'inspirait pas confiance, mais je me disais, bon, il y a plein de petits conseils sympa pour gérer son anxiété au jour le jour, plein de citations pour rassurer les gens qui en ressentent (même si je trouvent qu'elles n'abordent pas assez les cas extrêmes), ce n'est peut-être pas le sujet. Quand même, ça met un peu mal à l'air de ne pas avoir une page sur ça.
Et puis le bouquin s'est mis à parler des "psychopathes" qui, prétendument, ne ressentiraient pas d'anxiété, et là j'ai vu que même niveau littéraire, c'était plein de pseudosciences. Je pense que ce livre peut aider des gens qui ont des problèmes, potentiellement, c'est aussi assez plaisant à lire avec des citations ou des anecdotes intéressantes, mais je ne le conseille vraiment pas pour apprendre quelque chose, ce qui est un peu triste, vu le sujet.
6/10
no subject
Date: 2026-01-31 09:35 am (UTC)no subject
Date: 2026-01-31 09:41 am (UTC)no subject
Date: 2026-01-31 09:46 am (UTC)Île Rien a une héroine cool, qui a des sentiment auto destructeurs assez forts au début de l'histoire et si je me souviens bien la romance principale est poly (en V). Le world building était aussi intéressant.
Raksura est un série au sujet de créatures qui se transforment de grands lézards volants en humain (et vis verça), centrée sur Moon qui a grandi tout seul loin des siens et qui les retrouve à l'âge adulte - donc avec pleins de culture clash et d'angst d'adaptation. La culture en question est aussi matriarchale et poly friendly même si pour le coup la romance est surtout entre Moon et un personnage féminin. C'est plus cozy que Île Rien je pense que je l'aime plus aussi comme série mais je l'ai relu plus récemment.
no subject
Date: 2026-01-31 09:51 am (UTC)no subject
Date: 2026-02-01 04:32 pm (UTC)no subject
Date: 2026-02-01 04:59 pm (UTC)